Elle moule de vrais organes sexuels pour une éducation saine

Photo Joel Lemay/Agence QMI

Un article de l’agence QMI par la journaliste Amélie St-Yves paru dans le Journal de Montréal le S

Photo de Joel Lemay- Agence QMI, prise lors de la conférence Sexualités et technologie organisée par Les 3SEX*

 

Une femme tannée de voir des modèles de sexes trop parfaits en éducation a commencé à mouler de vraies personnes, pour créer des organes en silicone réalistes.

Magaly Pirotte a lancé son projet de moulage de vrais organes, il y a un an et demi, dans un sous-sol de Montréal.

«Ça vient d’une grande exaspération qu’on soit obligé de travailler avec des modèles qui ne sont pas réalistes, qui ne sont pas complets», a-t-elle dit à l’Agence QMI, rencontrée lors du colloque Sexualités et technologies, qui se déroulait samedi, à Montréal.

Photo Joel Lemay/Agence QMI
Photo Joel Lemay/Agence QMI

Une quinzaine de personnes ont accepté de lui prêter leur corps, jusqu’à présent. Ils s’appliquent eux-mêmes des algues de moulage, sous sa supervision. Elle récupère ensuite les moules pour y couler du silicone et produire des modèles durables qui peuvent ensuite servir à expliquer l’anatomie.

Elle vend les différents modèles de pénis ou de vulves à des professionnels comme des médecins, des gynécologues ou encore à des commissions scolaires. Depuis septembre, elle en a vendu entre autres en Australie, au Congo et à New York.

Photo Joel Lemay/Agence QMI
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«L’idée est vraiment de se donner des outils qui soient réalistes, qui ne sont pas le fameux bâton de bois qu’on a tous eu pour la démonstration de la pose du condom», a-t-elle poursuivi.

Éducation

Celle qui vient du milieu de la défense des droits sexuels et reproductifs croit ainsi que l’éducation est plus saine.

«Il y a autant de formes d’organes génitaux qu’il y a de formes de nez, et il n’y en a pas un qui est plus normal qu’un autre. L’idée est vraiment de montrer la diversité et d’outiller les professionnels», a-t-elle dit.

Le contrat de vente précise d’ailleurs que les sexes en silicone ne peuvent pas être utilisés à des fins érotiques ou sexuelles, car ce n’est pas ce à quoi les participants ont consenti.

À moyen terme, Magaly Pirotte aimerait réaliser une vingtaine de modèles additionnels et souhaite trouver des gens qui ont eu le sexe mutilé, et souhaiterait aussi faire le moule du sexe d’un homme qui a eu une phalloplastie, une opération de chirurgie plastique visant à fabriquer un pénis.